Tambouille façon Bartolone

Source : Lepoint.fr

Claude Bartolone n'a pas déclaré sa participation dans le restaurant de son frère

Sollicitée par l'AFP, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique assure qu'elle ne constate "aucun problème" avec la déclaration de Claude Bartolone.

Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, n'a pas déclaré en 2014 une part qu'il détenait en 2012 dans un restaurant de son frère à Paris, selon le site Mediapart mardi, mais il n'était pas tenu à le faire d'après la Haute Autorité pour la transparence. Dans le modèle de "déclaration d'intérêts et d'activités" que les parlementaires doivent remplir figure une rubrique sur "les participations financières directes dans le capital d'une société à la date de l'élection".

 

Or, d'après Mediapart, Claude Bartolone, élu PS de Seine-Saint-Denis, apparaît "jusqu'en novembre 2012 au capital du restaurant" Marco Polo, rue Saint-Sulpice (6e arrondissement) près du Sénat. Le 15 novembre de cette année-là, Claude Bartolone a en effet vendu sa dernière part pour 15,24 euros, sa valeur nominale.
"Aucun problème"

Interrogée par l'Agence France-Presse, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), créée par les lois post-affaire Cahuzac fin 2013, indique toutefois avoir donné pour consigne aux parlementaires qui l'avaient interrogée en janvier 2014 de mentionner les participations "à cette date-là". Il n'y a "aucun problème" avec la déclaration du président de l'Assemblée, a-t-on précisé à la Haute Autorité. Claude Bartolone doit remettre jeudi à son frère Renato sa médaille de chevalier de l'ordre national du Mérite pour ses "34 ans de services" en tant que restaurateur.

Mediapart s'interroge en outre sur la cession par Claude Bartolone dans le passé d'autres parts de ce restaurant puisque, jusqu'au début des années 2000, il possédait la moitié du Marco Polo. Ses 249 autres parts ont été vendues à son frère "sans que l'on puisse savoir exactement quand, ni surtout pour quel montant", car "les comptes de l'année 2001 n'ont jamais été publiés", contrairement à ceux des autres années, selon le site.

Interrogé par Mediapart, Renato Bartolone a déclaré les avoir rachetées pour "2 000 ou 3 000 euros" au total. Ces cessions "ont toujours été faites sans plus-value, ni moins-value et à la valeur symbolique des titres", a confirmé au site d'investigation le directeur de cabinet du président de l'Assemblée. La HATVP a déclaré à l'Agence France-Presse n'avoir "aucun commentaire à faire" sur ces cessions, puisqu'elles sont en rapport avec des déclarations de patrimoine antérieures à 2012 - fournies à une commission antérieure -, sur laquelle la Haute Autorité n'a pas de pouvoir de contrôle.

Publié dans Petites Magouilles