Le secrétaire d'État Kader Arif démissionne du gouvernement

Source : lefigaro.fr

La liste des ministres contraints à la démission sur fond d'affaires fiscales ou judiciaires s'allonge dangereusement. Après Jérôme Cahuzac (Budget), débarqué du gouvernement en mars 2013 pour cause de fraudes fiscales, et Thomas Thévenoud (Commerce extérieur), démissionné en septembre 2014 pour le non-règlement de ses impôts, c'est au tour du secrétaire d'État aux Anciens combattants, Kader Arif, de jeter l'éponge en raison de soupçon de favoritisme. Le communiqué de l'Élysée, annonçant sa démission, est tombé vendredi, en toute fin de matinée. Peu avant, vers midi, Kader Arif se rendait à l'Élysée pour rencontrer François Hollande, avec lequel il s'était déjà entretenu la veille au téléphone, indique-t-on à l'Élysée.

Kader Arif est remplacé par Jean-Marc Todeschini, 62 ans, sénateur PS de Moselle et premier vice-président de la délégation française à l'Assemblée parlementaire de l'Organisation pour la sécurité et de la coopération en Europe (OSCE). Cet ancien instituteur devenu inspecteur d'académie, originaire de Longwy (Meurthe-et-Moselle), connaît le secrétariat d'État aux Anciens combattants puisqu'il fut également chef de cabinet de Jean-Pierre Masseret dans le gouvernement Jospin. «C'est un grand élu, un élu très expérimenté de l'est de la France et que François Hollande connaît bien», indique un conseiller élyséen.

 

«Ma loyauté totale au président de la République»

La situation de Kader Arif était devenue intenable. L'ex-secrétaire d'État est visé, depuis septembre, par une enquête préliminaire menée par le parquet national financier et portant sur des marchés publics de plusieurs millions d'euros attribués par la région Midi-Pyrénées à deux sociétés d'organisation de spectacles dirigées par certains de ses proches, en l'occurrence son frère et ses neveux. Arif, qui est un homme fort de la région, avait à l'époque nié tout favoritisme et dénoncé des «amalgames et des insinuations». «Il aura l'occasion de s'expliquer, il n'est en rien concerné par cette information. Que chacun regarde bien les faits», avait alors déclaré Manuel Valls. La révélation jeudi, par Mediapart, d'une perquisition effectuée le 6 novembre dans un service du ministère de la Défense dans le cadre de cette affaire, a précipité le départ du secrétaire d'État.

Dans un communiqué diffusé vendredi, Arif indique avoir démissionné «par respect pour la fonction ministérielle, par respect pour la politique mémorielle que j'ai conduite et pour le monde combattant que j'ai servi avec fierté et conviction». Ce hollandais du premier cercle, qui s'était illustré en annonçant à tort en février 2013 la libération des sept otages français enlevés au Cameroun, ajoute: «Cette décision est aussi l'expression de ma loyauté totale au président de la République et au premier ministre.»

Sonnés par cette nouvelle affaire touchant de surcroît un proche du président, les socialistes sont restés très discrets vendredi. «Chaque mois amène une démission ou un limogeage. Je pense que, de manière générale, ça oblige à réfléchir à la qualité humaine, à l'éthique de ceux qui sont amenés à exercer des responsabilités et peut-être au contrôle préalable qu'il est nécessaire de faire par l'État pour être sûr que des incidents de ce genre ne se reproduisent pas», a pour sa part réagi Marine Le Pen.

Publié dans Petites Magouilles