Emmanuel Petit petit petit

La France est hypocrite et lâche. Parfois, je me dis qu'en ayant été envahis par les Allemands, on serait mieux dirigés aujourd'hui.

Publié dans Grande classe

Rassemblement National Populaire

RNP Socialiste

L’élection présidentielle est hélas l’occasion de toutes les dérives ces jours-ci. Comparer Nicolas Sarkozy à Pétain est l’une d’elles, et non des moindres. Elle n’est pas acceptable. Il faut en effet rappeler à ceux qui l’ignoreraient (ou qui feindraient de l’ignorer) ce qu’a été l’histoire de la collaboration sous Vichy.
Historiquement, c’est la gauche qui est à l’origine de la collaboration, et plus spécialement la gauche pacifiste. Pierre Laval, bras droit de Pétain, n’a jamais été d’extrême-droite. Il est entré à la SFIO (l’actuel PS) en 1905. En 1914 il a été élu député sous l’étiquette socialiste. Marcel Déat, le collaborateur par excellence, était lui aussi socialiste. Il a créé le Rassemblement national populaire (RNP), parti ultra collaborationniste. Ce parti était dirigé par une quinzaine de membres, dont voici les noms :
  • Président : Marcel Déat secrétaire d’Etat au Travail dans le gouvernement de Pierre Laval (adhère au PS en 1914 (1), secrétaire général du parti socialiste de France-Union Jean-Jaurès en 1933, ministre de l’Air du gouvernement Sarraut en 1936, auteur du fameux “Mourir pour Dantzig ?”, condamné à mort par contumace à la Libération)
  • Georges Albertini (ancien secrétaire des Jeunesses socialistes, membre de la commission administrative permanente du PS, et vice-président à partir de janvier 1943, arrêté à la libération, condamné à 5 ans d’emprisonnement pour collaboration)
  • Maurice Levillain (ouvrier mécanicien, conseiller municipal PS de Paris et conseiller général de la Seine, néo-socialiste)
  • Michel Brille (avocat, député de la Somme de l’Alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendants en 1936, a voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain)
  • Henri Barbé (secrétaire général des Jeunesses communistes, membre de l’exécutif de la IIIème Internationale, membre du bureau politique du PCF à partir de 1927, exclu du PCF en 1934, secrétaire général du Parti populaire français aux côtés de Jacques Doriot (lui-même issu du PCF) de 1936 à 1939, condamné aux travaux forcés à la Libération, il est remis en liberté fin 1949)
  • René Benedetti (néo-socialiste)
  • Francis Desphilippon (fondateur d’une association d’ancien combattants pacifistes, puis membre du PS, puis responsable du service d’ordre du PCF, puis passe au PS où il est responsable des cercles d’entreprises et des Amicales socialistes)
  • Georges Dumoulin (ouvrier, secrétaire de la CGT, PS, exerce des responsabilités au Bureau international du travail)
  • Emile Favier (néo-socialiste)
  • Jacques Guionnet (PS)
  • Gabriel Lafaye (député PS puis néo-socialiste et USR de la Gironde à partir de 1928 (l’USR a été le parti de François Mitterrand), sous-secrétaire d’État au travail dans le gouvernement Chautemps en 1938)
  • Barthélémy Montagnon (ingénieur, député PS puis néo-socialiste de la Seine ; rejoint à nouveau le PS à la Libération où il est accueilli)
  • Georges Rivollet (secrétaire général de la confédération nationale des anciens combattants, ministre des anciens combattants dans des gouvernements de droite 1934-1935)
  • Roland Silly, chef de la jeunesse nationale-populaire du RNP (ancien secrétaire de la Fédération des techniciens de la CGT et membre du PS, tendance Paul Faure (2)).
  • Ludovic Zoretti (universitaire, responsable du PS du Calvados, fondateur du syndicat des enseignants du 2e et 3e degrés (actuel SNES), secrétaire général de la Fédération générale de l’enseignement (actuelle FEN) de la CGT ; condamné à mort par contumace pour collaboration en 1945, condamné à huit ans de réclusion et à l’indignité nationale en octobre 1945)
Aryen Socialistes
Une affiche de propagande du RNP. À ce propos, n'est-ce pas Léon Blum qui disait : “Nous admettons le droit, et même le devoir, des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture, et de les appeler aux progrès réalisés grâce aux efforts de la science et de l’industrie.”

 

La bien-pensance est passée par là, et depuis, on nous a appris à l’école que la méchante droite fasciste et anti-sémite était seule à l’origine de la collaboration avec les nazis (bien entendu, une partie de la droite a aussi collaboré, cela ne fait aucun doute. À ce propos, Maurice Papon, l’épouvantail brandi à l’occasion par la gauche, a été ministre dans les deux gouvernements… du socialiste Léon Blum).
La vérité est donc plus complexe que ce qu’on peut entendre ou lire ces jours-ci. Et cette vérité, pour autant qu’on puisse l’approcher, ne permet certainement pas aux socialistes ou aux communistes de donner des leçons de morale à la droite sur ses rapports avec le Front national.

L'humanité collabo

(1) Le PS s’est appelé la SFIO jusqu’au début des années 70.
(2) Paul Faure (1879-1951), secrétaire général de la SFIO, sera un pétainiste actif, il animera après la guerre le Parti socialiste démocratique rassemblant les membres de la SFIO exclus pour collaboration.

Source : cyrilleemery

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