Pavoiser

Source : Le Figaro

François Hollande a proposé aux Français de participer à l'hommage national qui sera rendu vendredi aux victimes des attentats du 13 novembre en accrochant chez eux un drapeau français ou, selon les mots du porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, «en ayant la possibilité de pavoiser (leur) lieu d'habitation avec un drapeau bleu blanc rouge, les couleurs de la France».

Une idée qui rappelle celle de Ségolène Royal, juste avant l'élection présidentielle de 2007. Le 23 mars 2007, la candidate du Parti socialiste avait souhaité «que tous les Français (aient) chez eux le drapeau tricolore. Dans les autres pays, on met le drapeau aux fenêtres le jour de la fête nationale». Cette volonté de se réapproprier les symboles de la nation - comme d'entonner la Marseillaise - marquait selon elle «une étape historique pour la gauche, qui avait cru devoir abandonner l'hymne national à l'extrême droite».

L'idée fut loin de créer l'adhésion. Elle avait même déclenché un tollé, parmi les autres candidats de la gauche. Sur Canal + le 25 mars, Olivier Besancenot (LCR) avait déclaré: «Ça me choque et ça me fait flipper. Il y a La Marseillaise, plus l'identité nationale, plus les drapeaux (…), ça crée un petit climat (...)». Sur France 2, il n'avait pas mâché ses mots non plus: «Si la gauche essaye de créer l'espoir sur le drapeau bleu-blanc-rouge alors que les questions sociales sont là, je pense qu'elle va perdre les élections. J'invite le Parti socialiste à retrouver la raison.» Les Verts assuraient eux être «catastrophés par la tournure nationaliste» de la campagne. Et José Bové, au Salon du Livre, évoquait une «troublante surenchère»: «Je dirais à Mme Royal que le chauvinisme et le nationalisme n'ont jamais été des valeurs de gauche». Marie-George Buffet (PCF) avait jugé lors d'un meeting à Nantes que «ces deux symboles (le drapeau et la Marseillaise) appartiennent au peuple» et qu'«on ne va pas se les disputer comme des bouts de chiffon».

A l'époque, les socialistes avaient été pris de court par les déclarations de Ségolène Royal alors que les drapeaux français faisaient plutôt mauvais genre dans les meetings du PS. «Mais l'eau a coulé sous les ponts depuis!», sourit aujourd'hui un proche du chef de l'Etat. Interrogé le 26 mars 2007 sur France Inter, François Hollande avait expliqué que cette proposition de Ségolène Royal devait être «remise dans son contexte». Au passage, il avait glissé avoir un drapeau chez lui «depuis longtemps», «dans la cuisine»: «les Coupes du monde y sont pour beaucoup». Le même jour, dans une déclaration à la presse, il avait essayé de clore le sujet: «La Marseillaise et le drapeau tricolore sont un patrimoine commun. La droite en aurait le monopole? Ça n'a pas de sens!»

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Selon Jean-François Kahn, «Aymeric Caron fait plus le jeu du FN qu'Éric Zemmour»

Les excuses de Laurent Ruquier ont surpris et fait couler beaucoup d'encre. Le 14 mars dernier, dans son talk-show On n'est pas couché, l'animateur de France 2 avait exprimé ses regrets d'avoir donné la parole pendant cinq ans à Éric Zemmour au sein de son émission. Des regrets jugés «tardifs» par certains et injustifiés pour d'autres.

Mais à ceux qui estiment que les idées développées pendant cinq saisons par l'ancien chroniqueur de Laurent Ruquier ont participé à la montée du Front national en France, Jean-François Kahn répond qu'ils se trompent. Au cours de l'émission belge CQFD diffusé lundi, l'ancien directeur de Marianne a expliqué qu'on faisait le procès au mauvais chroniqueur. Pour lui, le chroniqueur qui permet au parti de Marine Le Pen de grimper dans les sondages n'est autre que... Aymeric Caron.

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Le CSA fait-il grève?

Le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, Guillaume Lambert, a écrit au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) vendredi pour l'inviter à décompter du temps de parole de François Hollande les interventions des syndicats qui se sont exprimés en faveur du candidat socialiste à l'élection présidentielle.
Plusieurs organisations syndicales, dont la CGT et le Syndicat de la magistrature, ont appelé ces derniers jours à voter pour François Hollande.
Le candidat du PS est actuellement en tête des intentions de vote pour le second tour dans les sondages, devant le président sortant.
"Le Conseil supérieur de l'audiovisuel est chargé, par la loi du 30 septembre 1986, de mettre en oeuvre l'exigence constitutionnelle que représente l'expression pluraliste des courants de pensée et d'opinion", écrit Guillaume Lambert dans cette lettre adressée à Michel Boyon, président du CSA, et dont Reuters a obtenu une copie.
"Le CSA considère comme soutien toute personne qui appelle explicitement à voter en faveur d'un candidat", ajoute-t-il.
"Je vous demande donc de bien vouloir veiller à la comptabilisation, au titre du soutien à François Hollande, des propos critiques tenus à l'encontre de Nicolas Sarkozy par toute personne morale ou physique qui appellerait explicitement les électeurs à voter contre lui ou à assurer sa défaite", poursuit le texte.
Personne n'était immédiatement joignable au CSA pour un commentaire samedi.

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